Cette dimension expérimentale, mais délibérément non intellectuelle,
nous la retrouvons chez Vincent Julliard qui compose en direct des
tableaux animés qui se constituent exclusivement dans sa bouche.
Auparavant c'est sous forme de vidéo qu'on avait accés à cette aventure.
Aujourd'hui, Vincent Julliard privilégie la performance. Sous nos yeux
donc un monde retransmis sur grand écran voit défiler deux petits
acteurs dont l'un des deux rit lorsque l'autre pleure, un personnage qui
fait le poirier, une tête de mort qui clignote nimbée de fumée qui nous
fait oublier les conneries d'Halloween. Pour l'exposition, quatre vidéos
et des dispositifs témoignent d'une galerie souterraine dont la
localisation reste secrète et dans laquelle Vincent Julliard depuis
plusieurs années opère inlassablement.
A les voir et à les entendre, on aura compris que jubilation peut rimer
avec discrétion et qu'avec des presque rien peut surgir un opéra
sans-doute plus excitant que nos lourdes machines ou nos spectacles bien
ficelés. La poésie n'est certe pas à mettre à toutes les sauces, en tout
cas les objets qu'ils s'échangent créent des troubles, et ceux-là sont
durables.
Nantes le 01/11/2000
